Tout commence par un "spectacle" un peu violent...
En effet, au moment de l'accouplement, le mâle de la petite roussette (Scyliorhinus canicula) mord la femelle, souvent aux nageoires pectorales, puis s'enroule autour d'elle afin de l'immobiliser.
A l'aide de ses nageoires pelviennes transformées en organes copulateurs, les "ptérygopodes", le mâle féconde la femelle de manière interne. Un seul de ces ptérygopodes est utilisé.
Chez les grandes espèces de requin, les femelles présentent souvent de larges cicatrices, souvenirs de leurs derniers accouplements. Heureusement les sélaciens (requins et raies), qui sont des poissons dits cartilagineux, ont la peau dure! Contrairement aux poissons osseux, les écailles de ces derniers ressemblent à de véritables petites dents plantées dans l'épiderme. Chez certaines espèces comme le requin bleu, la peau des femelles est d'ailleurs deux fois plus épaisse que celle des mâles.
Chez la petite roussette, les morsures des males n'occasionnent que de légères lésions superficielles qui ne nécessitent pas d'intervention de la part des soigneurs.
A l'aquarium de Banyuls, seul le couple de raies brunette (Raja undulata) est séparé. En effet, les extrémités de leurs nageoires pectorales sont fragiles et ne résistent pas à la brutalité des multiples tentatives d'accouplement en aquarium. Mâle et femelle ne sont donc mis en présence l'un de l'autre que sous étroite surveillance et jusqu'à ce que l'accouplement ait eu lieu.
"Ca bouge à l'intérieur!" constate le visiteur...
Il existe trois modes de reproduction chez les requins. La petite roussette est ovipare, c'est à dire qu'elle pond des œufs déjà fécondés.
Au moment de la ponte, la femelle s'enroule autour d'un support, souvent une gorgone, pour y attacher ses œufs. Les embryons, protégés par de véritables capsules (ou oothèques), sont alimentés par une réserve vitelline (l'équivalent du jaune d'œuf chez la poule) grâce à laquelle ils se développeront pendant plusieurs mois (9 mois à 15°C). L'oeuf de la roussette est un modèle biologique parfait pour les scientifiques car sa taille de six centimètres et sa transparence permettent une vision spectaculaire du développement embryonnaire.
A l'aquarium de Banyuls, les biologistes récupèrent de temps en temps des capsules et les placent sur un support vertical en attendant leur éclosion. Après quelques mois, les jeunes roussettes éclosent.
Les yeux encore fermés, elles sont déjà autonomes et acceptent volontiers les premiers petits morceaux de moules qui leur sont proposés.
Plusieurs œufs sont présents dans le bassin des roussettes de l'aquarium de Banyuls et permettent aux visiteurs de découvrir les premiers stades de développement de cette espèce.







